L’image de soi à l’ère numérique

De la détresse derrière les filtres

L’image de soi concerne le plan physique ainsi que le plan psychique. Elle se construit grâce à la confrontation aux autres et au monde extérieur.

Le problème, c’est que de nos jours, nous sommes sans cesse confrontés à des images retouchées à l’extrême, déformant ainsi notre conception d’un corps lambda.
L’industrie digitale, bien au fait des failles narcissiques humaines, en profita pour s’insinuer subtilement dans nos vies en se présentant comme une solution à nos complexes.

Instagram, Pinterest, ainsi que Twitter, ont d’ailleurs forgé leur e-réputation autour de cette quête du physique parfait et de l’esthétique.

Quels sont les risques de l’utilisation abusive des réseaux sociaux pour l’estime de soi ? Comment s’en protéger ?

Découvrons ensemble les dangers de l’utilisation abusive d’internet, l’opinion des professionnels et la possibilité d’un usage plus éthique de la toile.

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L’abus dans l’usage des réseaux sociaux : cause de souffrances psychiques

Instagram mais aussi Movie star planet sont réputés pour les dégâts qu’ils provoquent en cas d’utilisation abusive.  Surtout si les utilisateurs sont déjà fragiles psychologiquement.

Par exemple, dans le cas des troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie avec ou sans vomissement), des groupes particulièrement dangereux ont vu le jour. Dans ces-derniers, les malades s’encouragent mutuellement dans leur perte de kilos.

Des adolescentes sont même à l’origine de « challenges » extrêmement risqués comme le #CollarboneChallenge.

L’effet de groupe et la détresse personnelle couplés à une utilisation pathologique d’internet deviennent alors un facteur d’aggravation de l’état psychologique. À ce titre, Pascal Zhiren, psychologue et spécialiste des troubles du comportement alimentaire affirme qu’« il faut rappeler que l’anorexie est un trouble qui va de pair avec l’addiction : la folle dépendance de nos patientes à Internet fait partie intégrante de leur maladie. Et, bien évidemment, leur fascination pour la maigreur est alimentée en permanence par des centaines d’images venues du monde entier. ».

La baisse de l’estime de soi ne concerne pas que les jeunes filles atteintes d’anorexie mentale. Elle touche toutes les victimes du cyber-harcèlement, les personnes handicapées, les individus aux physiques atypiques, etc.

D’ailleurs cette dernière catégorie est la première à subir l’intolérance de certains internautes.

L’image de soi à l’épreuve des délits numériques

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Le harcèlement moral sur internet peine encore à être encadré et réprimé. L’anonymat garanti par les forums ou certains navigateurs est souvent détourné par des personnes malveillantes afin de critiquer et humilier autrui.

Slut shaming (« honte aux filles faciles »), fat shaming (« honte aux gros ») mais aussi skin shaming (« honte aux maigres »), sont devenus des phénomènes courants sur la toile. Et leurs conséquences sur les harcelés vont de la dépression passagère à la dramatique tentative de suicide.

Aussi, de nombreux groupuscules racistes se servent de Twitter, Facebook et même de forums pour déverser leurs haines sur les personnes de couleurs. En outre, il est avéré que les personnalités publiques sont les plus touchées par ces délits.

Récemment, c’est l’actrice américaine d’origine vietnamienne Kelly Marie Tran qui a vécu le cauchemar du cyber-harcèlement après qu’elle ait obtenu un rôle pour la célèbre saga Star Wars.

Face à toutes ces incivilités, les cybernautes et l’État se liguent pour défendre les opprimés et les harcelés du web.

Vers un usage éthique des réseaux sociaux en faveur du bien-être des usagers

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Face aux risques d’internet, des initiatives individuelles et collectives voient le jour. Leurs angles d’action sont multiples : protection de la jeunesse, prévention des risques physiques, groupes Instagram prévenant l’anorexie…

L’État français a lui aussi décidé de s’armer face à ces nouveaux délits. C’est pourquoi il est de moins en moins difficile de se protéger contre les cyber-harceleurs. Et plus besoin d’être une célébrité pour protéger son intégrité et sa dignité sur internet !

Les lois se sont adaptées à notre société digitale pour protéger le bien-être des usagers.

Le web magazine Nextinpact s’est d’ailleurs exprimé au sujet d’une peine récemment infligée par le tribunal de Quimper pour condamner des propos racistes tenus sur le net. Le résultat : 18 mois de prison avec sursis et 5000€ de dommages-intérêts à verser à la victime. De quoi inquiéter les quelques « haters » qui se pensent à l’abris derrière leurs écrans.

Vous êtes régulièrement harcelé sur internet ? Des professionnels sont là pour vous écouter et vous aider. Contactez-les au 0800 200 000.

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En conclusion, il est possible d’affirmer que la vision que l’on a de soi peut être déformée face à l’abondance de corps parfaitement retouchés pullulant sur les réseaux sociaux. Il est donc nécessaire d’encadrer leur utilisation.

Attention ! Il ne faut pas, à partir de ces constats, diaboliser l’usage d’internet qui fut aussi un outil salvateur pour un grand nombre d’individus. Groupes d’entraide et de soutien sur Facebook, forums dédiés à la psychologie, aide en ligne pour les victimes de body shaming… Les utilisateurs de la toile se conscientisent et véhiculent maintenant des messages de tolérance et d’acceptation.

À bientôt sur le blog !

5 réflexions au sujet de “L’image de soi à l’ère numérique”

  1. Une approche très bien traitée….que j’avais abordé dans mon premier essai la déconstruction de l’homme… J’ai également parcouru votre blog, plutôt intéressant…

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