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Entrevue | Laurine Baulande : graphiste illustratrice indépendante

Au cœur de la douceur angevine, Laurine Baulande s’attache à donner un corps aux songes. Graphiste et illustratrice indépendante, elle ne se contente pas de mettre en page ; elle cultive une véritable passion d’écriture visuelle.

Son univers ? Une parenthèse enchantée qui semble tout droit sortie d’un celluloïd du Studio Ghibli.

Rencontre !

En quelques mots, qui es-tu ?

Bonjour ! Je m’appelle Laurine Baulande. Je suis quelqu’un d’assez calme et réfléchie, je mets toute mon énergie dans ma créativité : que ce soit dans mes projets pros ou perso !

Originaire de région Centre, j’ai suivi 3 années d’études pluridisciplinaire dans les domaines du graphisme, du développement web, de la vidéo et de la communication.

Crédit photo :: Alexandre Menand

Aujourd’hui, je suis installée à Angers et je développe depuis quelques années ma propre activité de graphiste illustratrice indépendante : je crée pour des particuliers, des professionnels, et pour mes propres collections d’illustrations originales. Un peu geek, j’aime créer des visuels doux et colorés, inspirés en partie de l’animation japonaise des Studio Ghibli, de la nature et des chats que j’adore !

Qu’est-ce qui t’a amené à faire de l’illustration ? Y a-t-il eu un déclic, une rencontre, un moment précis où tu t’es dit « c’est ça » ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé dessiner. Plus petite, j’étais folle de singes, et j’en dessinais un peu partout ! Dès que je m’ennuyais, je prenais un crayon et je griffonnais des trucs. J’aimais aussi souvent me raconter des histoires au fur et à mesure que je dessinais : au final, je me retrouvais avec plein d’histoires sur une même feuille, c’était incompréhensible pour ma famille après haha. Mes parents me prenaient aussi souvent des livres : encore aujourd’hui, je repense aux livres de La Famille Souris, qui m’ont marqué avec leurs dessins riches et détaillés tout à l’aquarelle.

Plus tard, vers mes 14/15 ans, j’ai commencé à fréquenter des forums en ligne. J’y ai lié des amitiés, et j’avais même fini par créer mon propre forum avec 2 amies, basé sur nos 3 loisirs préférés : le graphisme, le dessin et l’écriture. A l’époque, j’étais plus axée sur l’écriture : le dessin était plus un petit loisir que je prenais moins au sérieux. Mais finalement, mes amies et ce forum m’ont encouragée à réellement dessiner et chercher à m’améliorer, apprendre des choses… J’ai investi dans quelques livres, puis plus tard une petite tablette graphique pour apprendre à dessiner en numérique. J’ai du coup appris à faire de l’illustration par moi-même par passion (appris à être patiente aussi haha) et j’ai approfondi un peu pendant mes études (malheureusement, avec le Covid, les cours de dessin à distance… c’était pas évident). C’était finalement quelque chose de très progressif et naturel pour moi !

Comment décrirais-tu ta façon de travailler ?

Ça dépend bien sûr de si je travaille pour quelqu’un ou pour ma propre activité, mais je travaille plutôt de manière instinctive. Pour mes propres créations, je peine encore à dégager du temps pour dessiner régulièrement, donc en général j’ai une idée qui me vient (souvent en me baladant dans la nature) et elle a le temps de mûrir et se développer avant de réellement commencer la création. Je me concentre surtout sur l’émotion/la sensation que m’évoque mon dessin : j’aime plutôt faire des dessins qui inspirent l’amour, la tendresse et la tranquillité !

Quand il s’agit de créer pour quelqu’un, ça reste toujours ainsi, mais il faut forcément savoir s’adapter un peu haha.

Quand tu travailles avec un client ou une équipe, comment se passe idéalement la collaboration ?

Avant toute chose, il faut échanger ! Que ce soit en équipe ou avec le client, le plus important pour moi c’est la communication. De visu ou en Visio, j’aime rencontrer mes clients, apprendre à les connaître, comprendre leur projet… Comme j’ai justement une approche de mon travail assez instinctive et émotive, il est important pour moi de bien comprendre les personnes avec qui je travaille. Ca me permet aussi de pouvoir m’adapter dans la mesure du possible à leurs besoins, selon leur situation, leur objectif etc.

A partir de ces premiers échanges, je peux imaginer des ambiances, des styles de dessin, ou directement proposer des premières pistes de croquis si le client a déjà une vision concrète du style qu’il aime. Et en fonction de ses retours, on peaufine ensemble les croquis et on recommence au niveau de la colorisation : un premier test que l’on ajuste pour obtenir le style à suivre sur toutes les autres illustrations !

Pour toi, à quoi sert le design graphique et l’illustration aujourd’hui ?

En fait, le design graphique et le dessin ont tellement d’applications et d’utilité que c’est déjà difficile de les contenir à une fonction. C’est d’ailleurs pour ça que souvent, le métier de graphiste peut paraitre un peu flou : comment ça tu peux à la fois faire des posts réseaux sociaux, des couvertures de livres, et les affiches des abribus ?

Leur fonction principale pour moi c’est d’attirer : attirer l’oeil, la curiosité, l’envie… Mais aussi d’incarner, donner de la vie, de l’intention… L’image et l’art créent du dialogue, des émotions, des réflexions. Mais aujourd’hui surtout, ils permettent de se démarquer et d’être reconnu en un coup d’oeil !

L’IA générative s’invite partout dans les métiers créatifs. En tant que professionnelle, comment tu la vis — outil, menace, curiosité, ou tout à la fois ?

Un peu tout à la fois !

Avec le graphisme, je participe pas mal à des rencontres avec d’autres acteurs des métiers du digital. Ma première fois, en 2024, alors que j’étais contente de mes débuts (et que l’IA générative n’était clairement pas encore au niveau d’aujourd’hui) j’ai été surprise de voir beaucoup de monde avoir pitié de moi, me demander comment je faisais pour m’en sortir… A ce moment-là, je n’avais pas trop compris, mais aujourd’hui j’avoue que ça m’inquiète un peu.

Enfin, c’est compliqué : parfois ça me déprime, parfois j’ai de l’espoir… J’aurai clairement préféré que ça ne voit pas le jour, pour plein de raisons. De base, ça ne devrait pas avoir le droit d’exister : l’IA générative fonctionne aujourd’hui uniquement parce qu’ils ont pompé des années et des années de créations humaines en écriture, photo, dessin, code etc. C’est juste un gros vol dans l’irrespect total des droits d’auteurs des créateurs. Et je n’aborde pas l’impact environnemental, l’impact sur l’éducation des plus jeunes qui vont grandir avec…

Mais bon, elle est là, et faut faire avec, je n’ai pas l’impression qu’on ait trop le choix de toute façon ! Après, ça a ses avantages : ça peut aider justement dans les phases de conception de mon travail, à explorer différentes options/styles rapidement (ceci dit : avoir trop de proposition et de possibilités ça a parfois plus tendance à nous perdre qu’à nous rassurer)…

De base, je ne l’utilise pas, mais mes clients apportent parfois des premières idées qu’ils ont pu générer eux-mêmes, ça m’aide à me projeter dans ce qu’eux imaginent. L’IA générative peut être utile comme outil, pas comme substitut.

Y a-t-il une œuvre (personnelle ou en collaboration) dont tu es particulièrement fière ?

© Laurine Baulande

C’est une création un peu spéciale, mais j’en suis très fière ! Je l’ai réalisée en collaboration avec ma soeur, chercheuse en neuro-psycholinguistique. Dans le cadre d’une de ses expériences pour ses recherches, j’ai pu lui créer différents supports illustrés. L’objectif des planches : représenter des situations cocasses, dans un style un peu « vulgaire » pour inciter les personnes testées à décrire les éléments de manière familière.

Cette expérience lui aura permis entre autre de mieux comprendre comment notre cerveau passe d’un registre à un autre pour un monolingue, versus d’une langue à une autre pour les multilingues. Même si la teneur de sa recherche m’échappe un peu parfois, et même si mon style a évolué depuis, je suis très fière d’avoir contribué à ma manière à la Science haha.

Aujourd’hui, nous cherchons à adapter ces créations pour qu’elles puissent continuer à vivre et être utilisées par des orthophonistes à destination de leurs patients jeunes ados, qui manquent de supports adaptés à leur âge. Et en ce moment je me lance dans la création de puzzles, à voir ce que ça donne !

Et pour finir : où peut-on te retrouver et te contacter ?

Pour toute création sur-mesure (identité visuelle, illustration, couverture ou illustration de livre, affiche, supports de communication, mascotte etc.) ou juste pour échanger vous pouvez me contacter sur mon adresse mail contact@laurine-baulande.fr.

Pour mes illustrations originales et pour me suivre dans mes aventures de tous les jours, vous pouvez me retrouver sur mon Instagram @laurinebaulande ou mon Facebook à cette adresse : https://www.facebook.com/laurinebaulandeillus. Vous pouvez aussi retrouver toutes mes créations à la vente sur ma boutique en ligne shop.laurine-baulande.fr

Enfin, pour du contenu plus axé pro/entreprenariat, vous pouvez me retrouver sur Linkedin, et consulter certains de mes anciens travaux sur mon portfolio en ligne laurine-baulande.fr (je suis en train de le refaire, il n’est plus très à jour, oups !).

Et merci de m’avoir accordé cette entrevue, c’est une première pour moi et c’était un plaisir 🙂

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