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Chronique : La Princesse de Montpensier de Madame de La Fayette

La Princesse de Montpensier : Drames et romances sous le règne de Charles IX

Publié en 1662, le court récit de La Princesse de Montpensier a été écrit par Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, future Comtesse de La Fayette.

Avec cette nouvelle, Madame de Lafayette (ou Mme de la Fayette) signe l’un des premiers chefs-d’œuvre du roman d’analyse, où la rigueur historique rencontre le tourment romanesque.

Son talent d’écriture rayonne tout au long du XVIIe siècle, de 1634 à 1693. L’illustre grammairien Gilles Ménage fait son éducation en lui apprenant le latin, l’italien, l’espagnol, l’histoire et la littérature.

Femme moderne avant l’heure, elle mène de front sa vie sociale, sa vie de famille, sa vie d’intellectuelle célèbre et sa carrière littéraire. Elle possède, à cette époque, une influence politique et diplomatique qu’elle n’hésite pas à utiliser pour venir en aide à ses proche.

Avez-vous lu La Princesse de Montpensier ?

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Les informations générales

L’intrigue plonge la noblesse du XVIe siècle dans un tourbillon de passion amoureuse, où chaque regard échangé lors d’un bal devient un enjeu de pouvoir.

La jeune Mademoiselle de Mézières, devenue princesse, se retrouve tiraillée entre son devoir envers le prince et son inclination pour le duc de Guise, son ancien amant.

L’intrigue amoureuse se déploie dans une Cour de France où la duchesse, la dauphine et le chevalier évoluent au milieu de constantes intrigues politiques. Le personnage du vidame de Chartres ou les manigances du cardinal servent de toile de fond historique sous le règne de Louis XIV, mêlant mémoires et fiction.

Résumé de La Princesse de Montpensier

À la fin de la Renaissance, le duc de Guise tombe éperdument amoureux de Mlle de Mézières. En dépit de la réciprocité de son affection, la jeune fille est contrainte d’épouser le prince de Montpensier. Trois ans plus tard, alors qu’il a perdu son chemin près du château de la princesse, le duc la retrouve au bord d’une rivière où elle est venue se reposer.  À sa vue, elle rougit. Ils comprennent alors que le brasier qui brûle en eux n’est pas tout à fait éteint.

Une citation marquante ? 

Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l’amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres, et d’en causer beaucoup dans son empire.

La dernière entrevue entre les amants est un sommet de la littérature française, où la vertu de cette belle personne s’avère un rempart bien faible face au destin.

La Princesse de Montpensier : Le meilleur du récit

Dans les salons littéraires de l’époque, les précieuses et la société mondaine débattaient avec passion de la sincérité de l’aveu de la princesse. 

L’influence du classicisme, prôné par Boileau, se ressent dans la sobriété de l’écriture, loin des excès de la génération de Corneille ou de Molière.

Une nouvelle courte et dramatique 

Ce récit est particulièrement bref puisque cette histoire recouvre une dizaine d’années. C’est pourquoi les ellipses sont nombreuses. L’intrigue oscille entre deux lieux : Paris et Champigny.

Bien que le duc de Nemours soit le grand amour de La Princesse de Clèves, c’est ici le duc de Guise qui incarne le héros galant mais inconstant.

La jalousie du comte de Chabannes, confident sacrifié, apporte une profondeur mélancolique à cette peinture de la galanterie de cour.

Madame de La Fayette jette un regard noir sur la condition humaine. Son héroïne se retrouve précipitée dans les méandres d’un drame d’époque. La Princesse de Clèves lui fera écho par la suite.

La naissance d’un nouveau genre littéraire ?

La publication de La Princesse de Montpensier redore le portrait de l’art de la nouvelle. Cette œuvre est plus concise encore que la première nouvelle de l’auteure, La Comtesse de Tende.

Contrairement à la préciosité parfois excessive des récits de Scudéry, le style de Lafayette se distingue par une économie de mots qui rend l’aveu final d’autant plus tragique.

On retrouve un souci de réalisme assumé dans le choix du sujet, dans les descriptions sentimentales mais aussi dans le titre complet de la nouvelle : Histoire de la Princesse de Montpensier sous le règne de Charles IX, Roi de France.

La naissance du roman psychologique

Avant que Madame de lafayette ne révolutionne le genre, la littérature était dominée par les fresques épiques. En resserrant l’intrigue autour du conflit intérieur de son héroïne, elle invente une nouvelle forme de galanterie littéraire, plus sombre et plus réaliste.

La passion amoureuse n’y est plus un idéal chevaleresque, mais un danger mortel qui brise les cœurs les plus nobles de la noblesse française.

L’héritage de la Princesse : Du classicisme au roman moderne

L’œuvre de Madame de Lafayette, bien que courte (en moyenne 96 pages), possède la densité d’une tragédie racinienne. Ce premier roman d’analyse brise les codes de la biographie romancée pour explorer les tréfonds de l’âme humaine.

En choisissant de publier anonymement, l’auteure s’affranchissait des conventions, offrant au public une réflexion sur l’importance nouvelle du sentiment individuel face aux exigences sociales de la noblesse.

Un commentaire de la rédac’ ?

La novelliste situe son récit au cœur de la guerre civile qui a embrasé la France sous le règne de Charles IX, à la veille du massacre historique de la Saint-Barthélemy. Durant cette nuit sanglante du 23 au 24 août 1572, catholiques et protestants s’affrontèrent avec fracas.

Pendant ce temps, la Princesse de Montpensier se perd entre ses amours, son désir de liberté et sa volonté de préserver sa vertu.

Il s’agit d’un livre à lire pour élargir sa culture générale.

C’est une histoire courte et passionnée. Bien que son intrigue soit essentiellement basée sur un enchaînement de drames, j’ai apprécié le redécouvrir en me remémorant mes années lycée.

La beauté du verbe, la musicalité de la narration, la puissance de l’amour des personnages, le contexte… Chaque ligne est un véritable ravissement pour les amateurs de littérature.

Pour terminer, je recommande également de voir l’adaptation cinématographique réalisée en 2010 par Bertrand Tavernier pour appréhender cet ouvrage sous un angle différent, hors du papier.

Note : 5/5

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Le saviez-vous ? On retrouve dans la correspondance de la marquise de Sévigné de nombreux éloges du talent de Mme de Lafayette pour dépeindre les ravages de l’orgueil.

Connaissiez-vous cette plume ? Plutôt livres anciens ou œuvres contemporaines ?

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4 Commentaires
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27 juillet 2021 6h12

Je n’accroche pas au film, mais je tenterai peut-être le livre.
Bonne semaine !