Entrevue littéraire | Justine Nantier, romancière et psychologue

Focus sur Justine Nantier : Une plume à fleur de peau

justine nantier auteur

La petite rédac’ interroge les auteurs afin que vous puissiez mieux les connaître. Aujourd’hui, nous partirons donc à la rencontre de Justine Nantier, l’auteure d’Échappée en Inde

D’où tire-t-elle son inspiration ?

Elle a répondu à nos questions pour vous.

entrevue littéraire

·        Présentez-vous en quelques lignes.

« J’ai trente-trois ans et je vis à Amiens. L’an passé, j’ai publié deux romans à compte d’éditeur, Le secret de Margot et Le père Lachaise. Une de mes nouvelles, Le Prestige, a été publiée en 2019 dans la revue littéraire canadienne Horrifique.

En parallèle, j’ai publié à compte d’auteur un carnet de voyage sur l’Inde, Échappée en Inde, et un roman intitulé Un poisson rouge aura toujours faim.

C’est en découvrant à l’âge de onze ans Jack London, avec L’appel de la forêt et Croc Blanc, que l’envie germa en moi de devenir écrivain. C’est d’ailleurs cette année que j’ai ébauché mon premier roman, le rédigeant dans des bains d’eau froide, afin de mieux m’immerger en Alaska, lieu où se déroulait l’intrigue.

D’ailleurs j’ai récemment lu Martin Eden de Jack London  et j’ai ressenti un plaisir mêlé de fascination en découvrant une autre facette de cet écrivain emblématique.

À l’adolescence, je me suis adonnée à la poésie avant de revenir à la prose.

Depuis, je consacre deux à trois heures à l’écriture chaque jour. »

·        Quelles sont vos sources d’inspiration ?

« Étant de nature curieuse, je lis tout ce qui me tombe sous la main, allant des théories de Stephen Hawking en passant par des biographies d’hommes politiques, sans oublier mon maître à penser, le philosophe transcendantaliste Henry-David Thoreau… J’ai toutefois une prédilection pour les romans de Stephen King, d’Antoine de Saint Exupéry, d’Albert Camus, de Marcel Pagnol, ceux de Philippe Roth ou d’Erri de Luca, ou encore ceux d’André Aciman… En fait, la liste exhaustive serait interminable, tant la plupart des livres que j’ai lus m’ont transcendée. Mon bel oranger de José Mauro de Vasconcelos, découvert enfant, m’a quant à lui profondément émue, il m’arrive encore d’en lire des passages. Lorsque je rentre chez mes parents, je ne m’endors jamais sans lire des vers de Jacques Prévert, rituel auquel je me prête depuis l’enfance, bien qu’à cette époque je comprenais autrement certains de ses poèmes.

C’est ma manière de vous dire que tout m’inspire. Je suis également cinéphile, les films de Xavier Doylan me transportent ainsi que ceux de Brian de Palma, d’Ettore Scala, de Quentin Tarentino… À mon sens, ils représentent un terreau inépuisable d’inspiration.

Ces artistes font savoir que l’art n’a pas de limite, que l’on doit s’amuser dans le processus de création, mais aussi amener le spectateur à se découvrir par la représentation d’émotions qu’il projette sur ses personnages. »

·        Votre profession d’origine influence-t-elle votre façon de concevoir vos récits ?

« Comme je suis psychologue, le fait d’être le réceptacle de la subjectivité de chacun de mes patients m’ouvre l’esprit sur une autre manière d’aborder le monde. Toutefois, aucun de mes personnages n’est le portrait d’un de mes patients, par respect pour ces derniers.

Néanmoins, ma connaissance de la manière dont se construit psychiquement une personne, les phases de développement que celle-ci traverse, les remaniements psychiques que chacun connaît m’aident à rendre mes personnages plus authentiques et profonds. »

·        Quel ouvrage avez-vous pris le plus de plaisir à écrire ?

« J’ai eu autant de plaisir à écrire chacun de mes romans. Peut-être en tiré-je un peu moins lors de la rédaction de mes carnets de voyage, qui requiert d’autres compétences. Je suis en train de restituer ma rencontre avec Cuba, ses habitants et son histoire, intitulé : Sweet Cubain Warrior. Il me demande énormément de travail et de rigueur… J’ai pour cela déjà lu plusieurs biographies d’Ernesto Guevara, ses allocutions en espagnol, ainsi que les discours-fleuves de Fidel Castro… il m’apparaît important de poser ce carnet de voyage sur un contexte historique.

Mon premier carnet de voyage concernait un long périple en solo en Inde : le contenu était focalisé sur mes impressions, mes rencontres, les mœurs et coutumes, plutôt que sur l’histoire du pays. Pour ce voyage initiatique, j’ai lu l’autobiographie de Gandhi, Le tigre blanc d’Aravind Adiga, mais aussi les recherches du psychiatre Régis Airault sur le choc culturel vécu par les Occidentaux en Inde.

Concernant l’écriture de romans, je peux me laisser aller. Ils ont, en partie, une fonction cathartique. Je ne peux imaginer vivre sans littérature ou écriture. Ma vie m’apparaîtrait bien fade et vaine… »

·        Quel est votre genre littéraire favoris ?

« J’ai une appétence pour le courant réaliste. Si j’aime Stephen King, ce n’est pas parce qu’il écrit ce qui pourrait s’apparenter à de la science-fiction, mais pour sa sensibilité, sa manière de décrire la nature humaine, son rapport à l’amitié et à l’enfance mis en lumière dans nombre de ses œuvres. »

·        Qui est votre lecteur idéal ?

« Je n’en ai pas… Ma plus belle récompense serait que grâce à l’un de mes romans, une personne jusqu’ici réfractaire à la littérature change d’avis pour se découvrir sensible aux sonorités de phrases bien agencées ; voire devienne aussi habité que Fabrice Lucchini, mais je n’en attends pas autant…

Mais la plus belle des réussites à mes yeux serait de permettre à un lecteur de surmonter une épreuve dans sa vie. Je pense que celui qui a lu l’ensemble de mon œuvre me connaîtra mieux que quiconque : c’est que je suis vraie dans ce que j’écris. Je ne cherche pas à plaire à mon lecteur, mais, un peu comme chez Léon Tolstoï, celui-ci comprendra dans mon texte que moi aussi je soufre et que j’ai des défauts, qu’il n’est pas le seul à avoir en lui une partie abîmée, mais que la reconnaître, l’affronter, fait de nous des personnes meilleures… Ce travail ne prend jamais fin. »

·        Avez-vous un site web ou des réseaux sociaux permettant de rester en contact avec vous ?

« Je ne suis pas très réseaux sociaux… J’ai toutefois un compte Linkedin ainsi qu’une page Facebook à mon nom d’auteur : Justine Nantier. Il ne s’agit pas d’un pseudonyme, mais de mon identité de jeune fille, en hommage à mon père. »

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Et vous… Connaissez-vous Justine Nantier ? Que pensez-vous de sa plume ? Dites-le nous en laissant un commentaire.

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