Billet d’humeur : Les chroniqueurs littéraires sont-ils irrespectueux ?

Coup de gueule littéraire

(Les concernés se reconnaîtront…)

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Je suis toujours surprise lorsque je vois des chroniques ultra-négatives sur des livres d’auteurs peu connus ou auto-édités.

C’est quoi le vrai but sérieusement ?

Lorsque nous sommes contactés par des auteurs, c’est avant tout parce qu’ils sont en quête de visibilité. Les chroniques littéraires sont accessibles à tous sur la toile et tout le monde connait les effets d’une mauvaise publicité (chute des ventes, perte de crédibilité…).

Si j’ai des critiques à faire, je vais tout simplement envoyer un document à l’auteur pour lui signaler les erreurs que j’ai remarqué au cours de ma lecture afin qu’il rectifie le tire.

Pas la peine de l’afficher, lui ou sa maison d’édition, en public.

Avez-vous déjà essayé d’écrire un livre ? Un poème ? Un script de vente ? Peut-être pas…

Mais, vous avez sûrement tous déjà essayé quelque chose, une nouvelle activité, un nouveau sport, un nouveau régime. Sans réussir du premier coup. Vous a-t-on pour autant fustigé en public ?

Permettez-moi d’en douter.

La critique fait partie de la vie d’un auteur. Mais elle se veut toujours constructive.

J’ai récemment lu des phrases comme : 

– “Le livre le plus soporifique de ma pal…

– “Pourquoi couper des arbres pour ça ?

– “Une m*rde littéraire, je regrette mon achat.” (Quel achat ? Je t’ai retrouvé sur Simplement-pro !)

Je précise que ce sont des phrases repérées dans des chroniques de romans d’amour sur le web.

Quand je vois tout ça, je me demande où sont les limites de la liberté d’expression. Et je suis même attristée pour ces auteurs qui galèrent au quotidien pour faire découvrir leurs univers.

À mon sens, c’est la preuve d’un manque d’éducation, de formation ou d’un désir de buzz par la négative.

Petit débat littéraire :

  • Une chronique littéraire doit-elle forcément rabaisser un auteur débutant ou une maison d’édition ? 
  • Une critique peut-elle être “piquante” sans être blessante ? 
  • Est-ce une stratégie marketing bien ficelée inspirée par les USA ?
  • La liberté d’expression permet-elle d’insulter le travail d’un auteur ? 

Je suis vraiment curieuse de connaître vos avis. Je vous invite à commenter pour m’en dire plus car mon équipe et moi sommes vraiment très choqués…

la petite collection (12)

 

26 réflexions au sujet de “Billet d’humeur : Les chroniqueurs littéraires sont-ils irrespectueux ?”

  1. Je n’apprécie pas non plus les critiques de ce genre. C’est peut être parce que moi -même j’écris de la fiction, mais j’ai toujours une petite pensée pour l’auteur.e quand je rédige un avis sur mon blog. Bien sûr tout le monde ne peut pas partager le même avis sur un livre (heureusement d’ailleurs !), mais pas la peine de descendre le roman avec agressivité, surtout pour le plaisir d’écrire une critique acerbe.
    Bonne soirée 🙂

    1. Merci beaucoup pour cette réponse qui nous redonne un peu d’espoir en la race humaine. C’est vrai que la sensibilité des auteurs est capitale. Elle fait partie intégrante de leur travail créatif. Pourquoi la brider en étant méchant… C’est malsain non ?

  2. Je n’ai jamais essayé d’écrire autre chose qu’une chronique. Je traite toujours les auto edites en tenant compte de la difficulté de cette voie. Mais quand je n’aime pas je le dis tout en étant polie en mettant en avant les points positifs et négatifs pour que le Lecteur de mon blog puisse se faire sa propre idée car certaines qui ne plaisent pas peuvent plaire à d’autres. Je leur envoie toujours la chronique en avant première pour être sûr de ne pas les blesser ou pouvoir éclaircir certains points. 😌
    Le respect est essentiel, il faut qu’il soit réciproque…

  3. J’aime beaucoup ton coup de gueule, je t’avoue que je ne vois pas souvent des chroniques cinglantes passer mais quand j’en vois, je me demande leur but. En étant en librairie, je ne me dis pas qu’un livre est mauvais, je me dis simplement qu’il n’est pas fait pour moi. Selon moi, une chronique est positive ou constructive mais reste subjective. Et on peut dire ce qu’on en a pensé, ce qui nous a déplu, sans être méchant et rabaisser l’œuvre. C’est comme les gens. Si on ne s’entend pas avec quelqu’un, je vois pas l’intérêt d’aller lui cracher sur la gueule avec des mots crus face à quelqu’un d’important.

    Merci pour ce débat !

  4. Je pense que, dans notre société égotique, chacun tire la couverture vers lui et uniquement lui, et dès que quelqu’un essaie de sortir du lot, de faire quelque chose de concret, qui peut être connu, voire reconnu, tous les coups sont permis pour minimiser, rabaisser, enfoncer la tête sous l’eau, des fois que ça marcherait… la jalousie, la méchanceté, la bêtise…

    1. Merci pour cet avis plein de bon sens. C’est une triste réalité. Mais j’espère que certains se remettront en question (une chroniqueuse m’a lu visiblement car elle a supprimé le mot m*rde de son avis). C’est déjà ça…

  5. Comme le pensait Baudelaire, la critique d’une œuvre doit elle aussi être une création. Digne de ce nom. Oui, émettre et rédiger une belle critique est un art. Subtil, délicat. Fondé sur un regard pertinent, capable de respecter, comprendre et prolonger l’univers de l’artiste « critiqué ». La critique ne présente un intérêt, une valeur et une utilité, pour l’artiste qui en fait l’objet, comme pour le public, que si elle est intelligente, constructive, porteuse de sens et de connaissances. Quand je lis/entends les critiques même pas dignes de la pire conversation de comptoir, non seulement de la part des chroniqueurs sur Internet, mais aussi des plus médiatisés qui déversent leur bile à la télé, on est loin, très loin, de la critique chère à Baudelaire. On devrait s’arroger le droit de critiquer les critiqueurs, et les auteurs devraient répondre aux mauvais chroniqueurs sans talent 🙂 Merci pour cet article salutaire cet que je rejoins en tous points.

    1. Merci à vous, vraiment. Quel soulagement de voir que les abonnés de la rédac’ sont plein de bonnes intentions. J’étais inquiète des potentielles retombées, on m’a tellement dit de me mêler de mes chroniques… HAHAHA ! Aucun regret.

  6. Perso j’écris moi même mais j’ai aussi un blog de musique qui se concentre sur les artistes émergents. J’ai fait le choix de ne parler que des talents que j’aime et quand je dois donner mon avis sur le travail d’un artiste je le fais en privé avec la personne concernée. Il faut un minimum de respect et beaucoup d’indulgence surtout quand on sent le travail, le talent en voie d’éclosion. Cela n’empêche pas d’être constructif dans la critique

  7. bonjour, comment vas tu? j’ai deux blogs: un plutot culturel et un axé beauté. pour l’un comme pour l’autre, je donne sincèrement mon avis. si ça ne me plait pas, je le dis, que l’article testé ait été acheté par mes soins ou bien offert. pour moi l’honneteté est importante vis à vis de mes lecteurs. j’essaye malgré tout de respecter le travail des autres, surtout des auteurs car c’est un métier difficile. mais j’avoue que pour certains cosmétiques, je suis moins conciliante sur des critères comme la composition ou les tests sur animaux. passe un bon week end et à bientôt!

  8. Nous sommes dans une société avec un cruel manque d’empathie ! Beaucoup aiment insulter en pensant se donner de l’importance ! Mais quand on rabaisse les autres, on se rabaisse soi-même. Manquer du respect pour autrui, c’est en n’avoir très peu pour soi…

  9. J’avoue avoir du mal à comprendre moi aussi les chroniques “cinglantes” comme celles citées dans l’article … J’ai moi aussi un blog et quand un livre me déçoit ou me déplaît je le dis mais en évoquant toujours également des points positifs et surtout en précisant que oui j’ai été déçue de la fin par exemple mais que ce n’est que MON avis. On n’est pas obligé de manquer de respect pour autant au travail de l’auteur car son style ou son histoire nous déplaisent… Auto-édité ou non. On ne peut pas aimer tous les livres, on peut faire le choix de ne parler que de ceux qu’on aime; si on choisit d’évoquer ceux qui nous déplaisent aussi c’est en étant quand même respectueux! Si c’est un service presse je pense que la moindre des choses est de d’abord faire un retour en “off” à l’auteur, quitte à être plus critique dans ce retour; sans pour autant être hypocrite envers ses lecteurs, on n’est pas non plus obligé de parler d’une oeuvre en disant “c’est de la merde” publiquement…

  10. Je suis partagé. Même si je déplore la méchanceté gratuite, la liberté d’expression, c’est aussi avoir le droit de dire ce qu’on a envie de dire, sans craindre de froisser. De plus il faut quand même comprendre que lorsqu’on critique une œuvre (texte, film, musique) on ne critique pas l’auteur de cette œuvre, mais le produit fini. L’auteur, qui se positionne en tant que professionnel (y compris l’auteur qui débute ou l’auteur auto-publié), le sait très bien et sait en général faire preuve de détachement.

    De plus, pour les chroniques, c’est souvent l’auteur qui vient les réclamer, comme tu dis, pour se faire de la pub.. Quand on demande l’avis public de quelqu’un, on doit être prêt à l’entendre, même quand le résultat est négatif. Pourquoi devrait-on encenser un livre publiquement, mais n’en dire du mal qu’en privé ?

    Je crois que de nos jours, on cherche trop à protéger l’égo des gens… C’est mauvais. Plus on fait cela, et moins les gens sont capables d’entendre des critiques de leur travail.

    Les chroniqueurs ne sont pas des bêta-lecteurs, ce n’est pas leur rôle de rendre des critiques constructives. Ils ne sont là que pour transmettre leur ressenti personnel, qui n’est pas nécessairement très argumenté. Au moins, ils font un retour… même si c’est un retour peau de vache. La plupart des lecteurs, eux, lisent, reposent le livre, et s’en vont sans jamais dire ce qu’ils en pensent, au grand désarroi des auteurs qui ne savent pas s’ils ont apprécié ou non.

  11. Il y a des romans que je n’ai pas aimés, qui ne m’ont pas fait passer un bon moment mais je fais toujours l’effort de me demander pourquoi, si ça pourrait plaire à d’autres et je fais en sorte de trouver des points forts pour équilibrer la critique. Si vraiment je ne trouve rien de positif (ce qui est rare), je ne chronique pas du tout car ça veut aussi dire que le livre ne correspond pas du tout à ma ligne éditoriale, un pas de côté qui ne me convenait pas. J’ai fait ce choix parce qu’en plus, quand il n’y a que du négatif à mes yeux je n’arrive pas à rédiger la chronique. Alors autant utiliser ce temps pour les livres qui m’ont davantage convaincus. Mais le respect et la politesse sont essentiels, on peut dire les choses clairement sans rouler qui que ce soit dans la boue, comme dans la vie de tous les jours et quelque soit le sujet, en fait… Donc, je suis d’accord avec toi, je ne vois pas l’intérêt non plus du lynchage sur la place publique. Après, même si certaines formulations peuvent secouer c’est le jeu de la liberté d’expression et à chacun d’être en accord avec ses valeurs et les limites de la loi. 😉

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